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jeudi 26 novembre 2020

Un soldat polonais : Edward Zieliński


Édouard. Edward en Polonais.

Je sais qui il est depuis l'été 2019, mais avant cela, j'ai cherché, pendant plus de dix ans, à trouver son identité.

Plutôt que de donner la solution tout de suite, je vais vous présenter mes théories, quelques recherches ainsi que le petit cheminement qui m'a amené à la réponse tant attendue.


Cette photo est issue des archives de ma grand-tante. Le problème, c'est que personne dans la famille ne sait qui est ce jeune homme et comment il peut être lié à la famille.
 
Seule certitude, il s'appelle Edward Zieliński.

Une réponse possible, et je ne l'aime pas : il n'est pas de la famille. Peut-être un fils d'amis qui aurait envoyé sa photo, ou un filleul.

Autre réponse : le lien de parenté est assez lointain et les contemporains ne le connaissent pas, ce qui laisse une marge importante de recherches. Toutefois, considérant que ma famille en Pologne vient d'un périmètre géographique assez restreint, les chances de trouver des informations augmentent.

Son uniforme est celui d'un lancier polonais.
 
A cours de mes premières recherches dans les archives de la paroisse à Zaleszany, je suis tombé sur cette publication de bans datant de 1951 :

Cet acte nous apprend qu'Edward est né le 26 décembre 1929 à Lens, Pas-de-Calais, et qu'il y a été baptisé.
La mairie de Lens n'a malheureusement pas d'Edward Zieliński dans ses registres et les archives de l'archevêché n'ont pas voulu effectuer de recherches car l'acte date d'il y a moins de cent ans.


Antoni Zieliński 
Stanisława Skara
Katarzyna Bulira
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Edward Zieliński
Filipina Bulira

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Parmi les recherches effectuées dans les registres, aucun nom de cet arbre ne me rappelle un membre de ma famille déjà identifié.

Pas de façon raisonnable, en tout cas. En effet, il y a bien un Antoni Zieliński dans mon arbre, mais il est né il y a bien trop longtemps pour qu'il soit possible d'avoir une photo de son fils.

Bref, une voie sans issue encore une fois.

Jusqu'à l'été dernier.

Tout d'abord, au cours de mes vacances chez mes cousin, j'ai profité du séjour pour retourner au cimetière, faire le tour des tombes. Là, j'ai trouvé la tombe ci-dessous, celle d'Edward
Zieliński. Son année de naissance et le fait qu'il soit soldat, coïncident avec la photo qui traine dans mes archives depuis tant d'années.

L'acte de baptême d'Edward m'apprend alors qu'il est le petit-fils de Jan Zieliński et Agnieszka Sickiera. Agnieszka est, elle, la petite fille de Maciej Chmielowiec, mon ancêtre direct.

Je ressens là un petit malaise. J'ai en effet les copies de ce registre paroissial depuis 2014 et je suis passé à côte de cet acte...

L'étau se resserre, mais, je ne sais toujours pas si le jeune homme de la photo est le même que celui du cimetière.

Ce séjour en Pologne est aussi l'occasion pour moi de faire connaissance avec des cousins avec lesquels je n'étais en contact que par correspondance.

Enfin, presque. La cousine avec laquelle je corresponds, Maria, se trouve être en vacances à l'étranger. Mais une de ses sœurs, Lucyna, accepte de me rencontrer. Il se trouve que ma cousine, Natalia, chez qui je séjourne connaît un des fils de Maria, et la rencontre s'organise par leur intermédiaire.

Je suis comme, à chaque fois, très bien accueilli, avec enthousiasme et curiosité. Mon polonais étant basique, Natalia m'accompagne pour faciliter la mise en contact et les échanges. Après quelques présentations, nous en arrivons à un moment que j'attends toujours dans ces situations : regarder les vieilles photos de famille.

Lucyna me montre son album photo. Il est rempli de trésors qui me permettent des visages sur beaucoup de noms qui sont déjà dans notre arbre généalogique. J'en profite pour prendre des notes, lui apprendre quelques informations sur ses cousins, et elle, complète également les informations manquantes.

Nous arrivons finalement sur cette photo de soldats, sur laquelle elle passe très vite, en me disant qu'elle ne sait pas qui c'est. Je l'arrête ! Car moi, j'ai bien une petite idée, puisqu'il se trouve que j'ai en ma possession une photo similaire : le fameux Edward ! Ici en compagnie d'un autre soldat, tous deux de très jeunes hommes.

Cette fois, le mystère est bien résolu. Mon soldat assis est enfin identifié.

Il n'est pas facile de trouver des informations complémentaires sur les militaires, comme c'est le cas en France. On n'accède pas aux archives en Pologne, comme on peut le faire en France. Mais sa tombe me renseigne tout de même : Edward est décédé à Dortmund, à l'âge de 19 ans après avoir été envoyé au travail forcé.

 

 

vendredi 20 octobre 2017

Bourdon & Brunet



Retour dans l'Ain pour continuer la présentation des arrière-arrière-grands-parents.


Avant dernier enfant d'une fratrie de six, Nicolas est le fils de Joseph Bourdon et Jeanne Marie Bellay, né le 4 juin 1849 à Chavannes-Sur-Reyssouze. Ils habitent le hameau de Moulfier, que l'on peut voir ci-dessous sur le plan du cadastre napoléonien.
 
© archives de l'Ain

© archives de l'Ain
 
Comme pour la moitié de mes trisaïeux (c'est quand même carrément moins long qu'arrière-arrière grands-parents), je n'ai pas de photo de Nicolas. Sa fiche matricule me renseigne un peu sur son apparence physique : cheveux et sourcils châtain clair, yeux bleus, front haut, nez épaté, bouche moyenne, menton rond, visage ovale et teint clair.


Le devoir militaire a clairement eu un fort impact sur sa vie, et l'a rythmée, une alternance de périodes vouées à l'armée et de périodes dédiées à sa vie privée, jusqu'à sa libération définitive du service en 1895.
Personne aujourd'hui ne peut me parler de lui. Sa vie privée, je n'en connais que ce que les actes veulent bien me dire, et se résumera ici par son travail, son mariage, ses enfants. Et des enfants, il en eus.
Quatorze.
Les trois premiers n'ont pas vécu. Deux sont morts le jour de leur naissance. Le troisième en bas âge. Les trois autres filles nées de Nicolas et Jeanne Marie n'ont pas vécu non plus. Nicolas se retrouve donc avec neuf garçons. Et qui dit garçon, dit guerre, qui ne va pas sans son lot de pertes.

Bien évidemment, ces enfants, il ne les aurait pas eus sans son épouse Jeanne Marie Brunet.
Née le 22 mai 1859 à Saint-Bégnigne, commune voisine de Chavannes, elle est la fille de Claude François et de Marie Reine Granger, tous deux cultivateurs dans la dite commune.
Voir photos en fin de post.
 



Claude François Bourdon
° 17 janvier 1876
† 17 janvier 1876
Marie Judith Bourdon
° 26 février 1877
† 28 février 1877
Claude François Bourdon
° 28 décembre 1877
† 11 avril 1878
Marie Joséphine Bourdon
° 16 janvier 1879
† 1er juin 1882

Pierre Joseph Bourdon
° 31 décembre 1880
† 17 mars 1959
Il épouse « Marie » Claudine Josephte Jacqueroux en 1907. Pas d'enfants connus.

Je ne trouve pas sa fiche matricule.
Claude Joseph Bourdon
° 3 novembre 1882, Saint-Bénigne
† 2 avril 1956, Arbigny, Ain
Les cheveux et les sourcils châtain, Claude Joseph avait les yeux gris, le front ordinaire, le nez et la bouche moyens, le visage ovale avec un menton à fossette et mesurait 1,69 m..
Jamais marié, il est décédé sans avoir eu d'enfants.

Eugène Claude Joseph Bourdon
° 3 septembre 1884
† 23 octobre 1914
Le 21 novembre 1908, il épouse Marie Rosalie Angélina Chevret avec qui il a eu deux enfants : Claude Joseph « Eugène » Auguste et « Anna » Élisa Bourdon.

Eugène était châtain aux yeux bleus, il avait le nez fort, le front ordinaire, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale. Il mesurait 1,66 m..

À compter du 9 octobre 1905, il est incorporé au 23e Régiment d'Infanterie. Il effectue deux périodes d'exercices en 1910 et en 1912 et participe à la campagne contre l'Allemagne du 3 août 1914 au 22 novembre 1914. Il décède de maladie à Lunéville, à l'hôpital 102.

Sa fiche matricule nous apprend également qu'au 18 janvier 1914 il résidait à Saint-Albain, en Saône-et-Loire.

« Auguste » Célestin Bourdon
° 9 septembre 1886
† 15 septembre 1972, Péronne
Son mariage avec Jeanne Danancher est célébré le 12 juin 1919 et il lui naîtra trois filles : Marie-Louise, « Renée » Marie Augustine et Josiane Bourdon.

Je ne trouve pas sa fiche matricule.

Jules Michel Bourdon
° 30 septembre 1888
† 26 décembre 1918

Jules est brun (cheveux et sourcils) aux châtain. Il a le front ordinaire, le nez pointu et le bouche moyenne, le visage ovale avec un menton à fossette et mesure 1,59 m..

Il incorpore le 133e R.I. le 7 8bre 1909 comme soldat de 2e classe et passe en 1ère classe le 9 9bre 1910. Envoyé dans la disponibilité le 21 7bre 1911, un certificat de bonne conduite lui est accordé puis, il passe dans la réserve de l'armée active le 1er octobre 1911. Il est rappelé à l'activité à la Mobilisation le 2 août 1914 au 133e R.I. et incorporé le dit jour. Gravement blessé le 10,  une balle lui broie le bras gauche dont il sera amputé (cf JORF du 26/05/1915).

Il épouse Marie Louise Noblet le 11 7bre 1915 à Péronne (S-&-L).

« Philippe » Pierre Marie Bourdon
° 6 octobre 1890 à Saint-Bénigne
† 27 août 1911 à Mecheyda

Brun aux yeux bleus, il avait le visage ovale, le nez droit, le front ordinaire, la bouche moyenne et le menton rond.
Il mesurait 1,60 m..

Engagé volontaire pour cinq ans le 22 juin 1910 à la mairie de Bourg(-en-Bresse) au titre du 3e régiment de Chasseurs d'Afrique, il arrive au corps le 28 juin 1910 et décède le 27 août 1911 à Mechedya, Maroc (je ne suis pas capable de localiser cette ville) de la fièvre typhoïde.
Marie Marguerite Bourdon
(26/03/1892 - 06/04/1892)

« Claude » Marie Bourdon
° 9 avril 1893, Saint-Bénigne
† 20 janvier 1944, Dijon

Châtain aux yeux bleus, Claude a le front haut, le nez long, le visage rond et une fossette au menton. Il mesure 1,61 m..

Marié à Marie « Félicie » Guyennon à Saint-Bénigne le 19 9bre 1919 avec qui il aura quatre enfants : Yvonne (1920-2016), Paul (1924-1994), Roger (1927-1984) et Armelle (1932-).

Un article plus complet sera consacré à mon pépé Claude.

Claude « Camille » Bourdon
° 31 mars 1896 à Saint-Bénigne
† 11 janvier 1963 à Mâcon

 Camille a les cheveux châtain et les yeux gris, le front large, le rez rectiligne et le visage rond. Il mesure 1,56 m..

Classe de 1916, il est incorporé en 1915, le 9 avril, et arrive au corps le 10.
Marié le 19 novembre 1919 à Saint-Bénigne avec Marie Rosalie « Lucie » Prabel.


Décédé en 1917, Nicolas est parti jeune et n'a pas eu le temps de voir le mariage de tous ses enfants. Enfin, ceux qui ont survécu.
Notamment mon arrière grand-père, Claude Joseph, marié en 1919, le même jour que son frère Camille, le 19 novembre, ainsi que celui d'Auguste Célestin le 12 juin de la même année.






Pour terminer
Voici la seule photo en ma possession de Jeanne Marie Brunet, épouse de Nicolas Bourdon.
° 22 mai 1859, Saint-Bénigne (Ain)
† 17 décembre 194, Saint-Bénigne (Ain)

samedi 10 décembre 2016

Une famille de Sauvage

Le tout premier billet de ce blog parlait de mon ancêtre hongrois Michel Sabadoche [Szabados]. Sa fille Françoise a épousé Pierre Guislain Sauvage à Paris et ils ont eu quatre enfants dont Eugène, le petit dernier, né en 1866 dans le 14e arrondissement de Paris, mon arrière-arrière grand-père.


Commençons par le mariage de Françoise et Pierre Guislain. Il faut se tourner vers l'état-civil reconstituer de la ville de Paris pour trouver des infos.
Pour rappel historique, l'intégralité de l'état-civil et des registres paroissiaux de Paris a été détruit dans un incendie en mai 1871. Une partie a pu être reconstituée grâce à la participation des citoyens, mais seuls huit millions d'actes ont pu être reconstitués.
Ici, aucun acte numérisé, mais une simple fiche qui indique que l'acte a bien été reconstitué.
Après, c'est sur microfilm que ça se passe, aux Archives Départementales de Paris, pour trouver l'acte lui-même.



Il est indiqué que la pièce justificative est l'acte de mariage religieux.
Ce dernier a été célébré en la paroisse Saint Lambert de Vaugirard.





Pierre Guislain et Françoise ont donc eu quatre1 enfants : Marie Philippe « Hélène » Françoise (1851-1903), Eugénie Émélie (1852-1869), Jules (1864-?) et Eugène (1866-1914?).

Aujourd'hui, je me concentre sur Eugène. Et Anastasie.
Il manque quelques actes de naissances à chercher dans l'état civil reconstituer lors de ma prochaine visite aux AD, mais j'ai les actes de baptêmes correspondants

 

Voilà pour Eugène.
 

     Pour ce qui est d'Anastasie, je commence là aussi avec le mariage de ses parents, Amédée Honoré et Anastasie Labbée, célébré le 26 décembre 1878 à Arcis-le-Ponsart, dans la Marne. Pour l'anecdote, Anastasie Labbée a 16 ans lors de son mariage, et 17 à la naissance de son premier enfant, Anastasie Louis).

Il n'est pas vraiment utile de faire une frise pour deux dates : après la naissance d'Anastasie, la famille n'est plus dans les registres d'Arcis-le-Ponsart ni de Baslieux-lès-Fimes (ville d'origine d'Amédée Louis).
2E14/10 _ AD51 (Marne)


2E14/10 _ AD51 (Marne)

On retrouve Anastasie pour son mariage en 1903.
Mais, selon la frise, elle a déjà donné naissance à trois enfants entre 1898 et 1902, alors... que paso ?
Comme on peut le voir sur les actes, c'est sous le nom de Georgette Louis, 20 ans, qu'elle leur donne naissance. De père non dénommé, évidemment. Il faudra attendre son mariage, et la légitimation des trois bambins, pour remédier à cela.
C'est aussi avec son mariage que l'on retrouve son père, demeurant à Magneux dans la Marne. Malheureusement, je ne le trouve pas dans les recensements de population de 1901 et de 1906. Quant à sa mère, elle est « absente » depuis treize ans...

     Et comme si la vie n'était pas assez compliquée, mon arrière² grand-mémé, Anastasie Louis, taquinait la bouteille. C'est en tout cas ce qui se dit dans la famille et ce serait la raison pour laquelle la famille se serait retrouvée éclatée.
     C'est une histoire que m'a racontée ma grand-tante, fille cadette de Gaston Sauvage. Le petit Gaston, ainé de la fratrie, âgé d'environ 11 ans, se promenait avec ses petites sœurs dans les rues de Ménilmontant, le petit dernier, Pierre, dans une poussette. Et voilà que Gaston lâche, par accident, la poussette en haut d'escaliers du quartier. Précipitation des enfants pour récupérer Pierre et le nettoyer, car blessé, dans une fontaine. Et c'est là que passe une personne de l'assistance publique, alertée par la situation qui demande ce qui se passe et où sont les parents : papa au travail, maman à la maison, pas en état. Et c'est à priori à partir de là que tout s'est enchaîné : visite le jour même au domicile des parents et le jour suivant les enfants se retrouvent placés.
Tout ceci s'est déroulé en juillet 1909.
Les enfants ont été "déposés", chacun avec un numéro de dossier/immatriculation : Gaston (5220/184845), Eugénie (5221/184844), Denise (5222/184843), Simone (5223/184842) et Pierre (5224/184841).

J'attends de pouvoir consulter ces dossiers pour en savoir plus sur la vie de mon AGP et ses frères et sœurs à partir de ce moment fatidique.
Ce que je sais pour l'instant c'est qu'à un moment donné, ils habitent tous en Bourgogne, où ils vont fonder leurs familles.

Une petite recherche dans quelques recensements m'indique qu'en 1911, Gaston et Denise étaient confiés à la famille Lehoux, à Collonchèvres, hameau de Saulieu, en Côte-d'Or. Eugénie est, elle, confiée à la famille Brossard de Bois Morin, hameau de Champeau-en-Morvan et Pierre, à la famille Colas, à Moulin-Morin, même commune, la famille de mon arrière grand-mère. Gaston a certainement rencontré sa future épouse en rendant visite à son frère, ou l'inverse.
Quant à Simone, je ne sais pas où elle est placée.



Ces événements chaotiques expliquent pourquoi il n'y a pas de photos de mes arrière-arrière grands-parents. Et pourquoi nous n'avons, du côté des enfants d'Eugène et Anastasie, jamais connu la famille.
Les seules photos que je vais avoir sont de Gaston Sauvage, le père de ma grand-mère.

Le 19 mars 1911, le Tribunal de Grande Instance des Hauts-de-Seine prononce le divorce d'Eugène et Anastasie.
Là, je perds la trace de ma trisaïeule : s'est-elle remariée, a-t-elle eu d'autres enfants ? Quand est-elle décédée ? Il faut que je cherche encore.

Quant à Eugène, il s'est remarié le 12 octobre 1912 avec Marie Prospérine Dehennin et est décédé en juin 1914 dans le 4e arrondissement de Paris.

☞ mise à jour du 10 décembre 2016 : je viens de publier cet article, mais il y a déjà du nouveau. En effet, une visite matinale aux archives de Paris et la consultation des registres d'immatriculation des enfants assistés de la Seine me donne quelques renseignements complémentaires : la cause de l'abandon de mon AGP et de ses frères et sœurs intitulée « indigence du père & mère disparue ».
Autre renseignement : les localités d'envoi et les dates auxquelles ils y ont été envoyés. Les cinq enfants ont pris la direction de Saulieu entre le 22 juillet et le 18 septembre 1909. Ce qui m'ouvre une nouvelle piste de recherche pour localiser Simone.
Dans un deuxième temps, j'ai pu consulter ce matin les dossiers individuels, et là, c'est le Graale ! Le dossier regroupe la fratrie en entier avec les demandes de placement, d'abord temporaire, puis permanentes. En effet, on apprend qu'Eugène avait l'intention de récupérer ces enfants après un temps donné. La cause de l'abandon se fait plus précise. Eugène est abandonné par sa femme pour la deuxième fois. Elle est parti en laissant les enfants, dont Pierre qui n'a que quelques mois, à la charge de leur père qui a peu de revenus et pas le temps de s'en occuper. Résolu à demander le divorce, il fait néanmoins une demande de placement des deux derniers (Simone et Pierre) qui sera étendue à l'ensemble de ses enfants, ne parvenant toujours pas à joindre les deux bouts, et n'ayant personne de sa famille en mesure de prendre soin des petits.
Un document très intéressant dans le dossier est la feuille de « Compte du pupille » qui récapitule l'ensemble des foyers d'accueil, les dates d'entrée et de sorties des foyers, les sommes versées, les revenus du pupille, etc.
Je m'attendais à trouver davantage dans ce dossier, notamment une demande d'Eugène, écrite de sa main, ou même des photos, mais rien de tout cela.
Ce dossier reste une vraie pépite d'or ! C'est une chance de pouvoir le consulter aux archives départementales situées Porte de Lilas dans le 19ème arrondissement.

Note n°1 (dimanche 11/12/2016) : c'est en faisant la frise que j'ai remarque un fossé de douze ans entre les naissances d'Émélie et de Jules. Je me suis dit qu'il manquait certainement des données et j'ai profité de ma visite aux AD de Paris du 10/12/2016 pour me replonger dans l'état-civil reconstitué. J'ai listé toutes les naissances de Sauvage entre les deux enfants connus et noté les correspondances avec les bobines de microfilm à consulter : 70 au total. Après cinq bobines, jackpot ! Naissance de Léontine Caroline en 1854. Les prochaines bobines feront l'objet d'une prochaine visite et les futures trouvailles seront intégrées à la frise au fur et à mesure.
 
☞ mise à jour du 23 novembre 2020 : Enfin ! J'ai trouvé la date et le lieu de décès d'Anastasie Louis. Elle n'était pas bien loin. En effet, elle est décédée à Paris, dans le 20ème arrondissement, le 6 juin 1926, en son domicile 87 rue des Orteaux. Prochaine étape : consulter la table de succession et absence.
Note pour le futur : nous sommes en novembre 2020. La France est confinée en raison de la crise sanitaire due à la pandémie mondiale de Covid 19. Les services d'archives sont donc fermés au public.

samedi 26 novembre 2016

Pierre Henri Joseph Guyennon & Marie Josephte Drevet



Aujourd'hui, nous partons dans l'Ain, en Bresse plus exactement, berceau de la famille de mon grand-père. Mon pépé Paul était le fils de Nicolas Bourdon et Marie Félicie Guyennon.
Nous nous intéressons ici aux parents de Félicie. Pierre Henri Joseph Guyennon & Marie Josephte Drevet sont mes arrière-arrière-grands-parents. Ils se sont mariés le 16 mai 1894 à Boissey, dans l'Ain.

P.H.J est né le 12 octobre 1867 (comme moi !! sauf l'année, évidemment) à Boissey, fils de Pierre Joseph Guyennon & Marie Césarine Guyennon.
M.J. est née le 1er décembre 1874 à Boissy, fille de Philibert Drevet & Marie Joséphine Marguin.


P.H.J. et M.J. ont en commun plus que leur métier de la terre. En effet, ils ont les mêmes arrière-arrière-grand-parents.
Choquant ? Non. C'est très commun, surtout à cette époque.
Pour l'anecdote et votre culture, Benoît et Benoîte sont des implexes. C'est-à-dire que ce sont des ancêtres que je vais retrouver deux fois au lieu d'une dans mon ascendance et qui porteront le même numéro Sosa (numéro d'ancêtre direct).

Benoît Cordier
x 27 août 1772
Benoîte Berthelet
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Françoise Cordier                                                  Claude Cordier
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Benoît Guyennon                                         Marie Claude Cordier
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Pierre Joseph Guyennon                                       Philibert Drevet
|                                                                        |
Pierre Henri Joseph Guyennon                   Marie Josephte Drevet
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Passons à une petite description physique.
J'ai la chance d'avoir des documents qui décrivent l'apparence physique de mes bisaïeux. À défaut de les avoir connus, je peux me faire une idée de comme ils étaient. Les photos en plus.
Pierre Henri Joseph Guyennon mesurait 1,69 m.. Il avait les cheveux et les sourcils noirs, les yeux gris bleu, le front large, le nez bien fait, une bouche moyenne et le visage ovale. C'est ce que nous apprend sa fiche matricule.
Marie Josephte Drevet mesurait quant à elle 1,52m, avait les yeux bleus, le visage ovale et le teint frais (source : carte d'identité).

Eh oui, la fiche matricule.
Comme tout homme de cette époque, non seulement le service militaire est long et obligatoire, mais en plus la guerre n'est pas loin.
Après son recensement en 1887, P.H.J. intègre l'armée active, au sein du 1er Régiment de Dragons, le 3 octobre 1888. Envoyé en congé le 23 septembre 1891, il entre dans la réserve de l'armée active le 1er octobre suivant et retourne donc à la vie civile. Ses obligations militaires n'étant pas terminées, il effectue une première période d'exercices dans le 1er Régiment de Dragons du 10 avril au 7 mai 1893.
P.H.J. se marie en mai 1894 avec M.J., déjà enceinte de mon arrière-grand-mère !
Ils ont le temps de faire trois petits avant qu'il ne reparte pour seconde période d'exercices du 16 janvier au 12 février 1899. Et neuf mois plus tard... BAM !
Il passe dans l'armée territoriale le 1er octobre 1901.
Deux enfants de plus au passage.
Le 9 mai 1911, il intègre le 9e Régiment d'Artillerie à pied et est rappelé à l'activité le 3 août 1914, le jour où l'Allemagne déclare la guerre à la France. Renvoyé dans ses foyer le 6 mars 1915 (son fils prend le relais), il est libéré du service en novembre 1918.

Tous deux cultivateurs et demeurant à Boissey, ils ont eu six enfants :


Marie Félicie, dite Félicie, mon arrière-grand-mère.
Née le 22 août 1894 à Boissey, elle épouse Claude Marie Bourdon le 19 novembre 1919 à Saint-Bénigne avec qui elle a quatre enfants, nés à Dijon : Yvonne, Paul (mon pépé), Roger et Armelle.
Veuve depuis 40 ans, Félicie (mémé Bourdon) est décédée au Luc, dans le Var, le 5 février 1985.
À l'époque je n'avais pas encore trois ans. Je n'ai aucun souvenir de mon arrière-grand-mère, ni aucune photo de moi avec elle.
Comme pour sa mère, sa carte d'identité nous apprend qu'elle mesurait 1,55 m. qu'elle avait les cheveux châtain clair et les yeux bleus, la bouche moyenne, le visage ovale et le teint blanc

Eugène Honoré, dit Honoré, est né le 10 décembre 1895 à Boissey.
Sa fiche matricule nous apprend qu'il a été incorporé au 60e Régiment d'Infanterie le 16 décembre 1914 (uniforme de la photo) et passé au 159e R.I. le 25 mai 1915. Il a été tué à l'ennemi, mort pour la France, à Magnicourt-en-Comte (Pas-de-Calais) le 19 juin 1915. La fiche matricule nous donne d'autre informations précieuses sur Honoré : il mesurait 1,62 m., il avait les cheveux noirs et les yeux bleus, le front moyen, un nez rectiligne, le visage long et un menton à fossette. Cette description nous permet de mieux visualiser ce jeune homme et d'appréhender sa véritable apparence physique, peu visible sur une simple photographie.

Marie Victorine Virginie, dite Virginie, née le 9 juin 1898 à Boissey, elle épouse Eugène Pachon à Saint-Bénigne le 4 juillet 1921. Son acte de naissance comporte une erreur. En effet, une mention marginale la marie à Félix Gautheron, son beau-frère, le jour où celui-ci épouse Julienne.
Virgine et Eugène divorcent (je ne sais pas quand, mais Eugène s'est remarié en 1932) sans avoir eu d'enfants.
Jamais remariée, Virginie est décédée à Pont-de-Vaux le 24 août 1977.

Julienne Marie Rosalie, dite Julienne, la tante Juju, née à Boissey le 3 novembre 1899, épouse François « Félix » Alexandre Gautheron à Dijon le 26 octobre 1935.
Elle aurait eu une fille, née avant son mariage, en 1931 et décédée en 1932, Monique, mais je ne la trouve pas sur les registres à Dijon, alors peut-être à Pont-de-Vaux ou Saint-Bénigne ?
Julienne n'a pas eu d'enfants avec Félix. Elle est décédé à Dijon le 1er mai 1979.


Pierre, né le 22 mai 1904 et décédé le 2 juin 1904.

Marie Anaïs, dite Maria, née le 20 juin 1906 à Saint-Bénigne.
Le 28 avril 1928, elle épouse Étienne Hippolyte Wuistaz à Pont-de-Vaux.
Ils habitaient boulevard Edmé Nicolas Machureau à Dijon.
Je n'ai pas connu l'oncle Étienne, décédé en 1976, mais je me souviens très bien de la tante Maria à qui je rendais visite à la maison de retraite à Saulieu, une petite femme gentille, souriante avec des yeux qui pétillaient de malice !
Elle est décédée à Saulieu le 7 avril 2001.

Pierre Henri Joseph et Marie Josephte sont décédés respectivement le 6 octobre 1945 à Pont-de-Vaux et le 7 décembre 1958 à Dijon.

Comme pour les billets précédents, une frise pour accompagner cette présentation.



samedi 19 novembre 2016

Du houblon et un petit verre

Ça pourrait ressembler au programme d'une soirée réussie, mais franchement, qui boit de la bière dans un petit verre ?!
Non, ici, on parle de l'association parfaite entre la bière et la vodka. Toujours pas de recette ni de programme de soirée arrosée.
La bière est faite de houblon. Le houblon se dit chmiel en polonais, qui a donné le nom de famille Chmielowiec, celui de mon arrière-arrière-grand-père.
Quand au petit verre, celui dans lequel ont la vodka, il s'appelle kieliszek en polonais, et c'est également un nom de famille, celui de mon arrière-arrière-grand-mère.

J'aurais tellement adoré poursuivre cette présentation avec un joli portrait de ce couple, mais je n'en ai pas, et je ne suis pas sûr qu'il en existe...
Alors commençons l'illustration de leur vie avec leurs actes de baptême.

Ces actes nous apprennent énormément de choses.
Tout d'abord, leurs dates de naissance et de baptême. On en attendait pas moins d'un acte de baptême.
Mais aussi le nom de leurs parents. Adam et Maria sont donc respectivement les enfants de Ludovicus (Ludwik) Chmielowiec & Mączka (pronnoncé {montchka}) et de Franciscus (Franciszek) Kieliszek & Catharia (Katarzyna) Dul. L'importance mineure de la femme en Pologne, mais aussi le fait qu'elle change de nom à son mariage, vraiment, pas comme en France où le nom d'épouse est d'usage, il est réel en Pologne), fait que la filation de la mère est aussi indiqué. Ainsi apprend-on que Maria est la fille de Michał Mączka & Wiktoria Jugo et que Katarzyna est la fille de Józef Dul & Agnieszka Rutyna.
Autre information importante : l'identité des parrains et marraines.

Accessoirement, on apprend aussi qu'à cette époque les actes sont en latin, si toutefois vous ne l'aviez pas remarqué... Ce qui signifie tout de même que nous nous trouvons dans une zone qui a échappé à la prédominance allemande et russe.

Adam et Katarzyna sont issus de deux villages très éloignés et séparés l'un de l'autre par juste une route. #humour
Comme on peut le voir sur la carte présentée précédemment ici.
Et sont donc issus de la même paroisse : Zaleszany.
C'est d'ailleurs peut-être comme ça qu'ils se sont connus, à l'église, et ont fini par se marier.
 
Ci-dessus, la publication des bans, que l'on retrouve dans le Księga Zapowiedzi (Liber Bannorum), le livre des promesses.
On y retrouve l'état civil du prétendant (nom, prénom, parents, date de naissance, adresse) et de la future mariée, le nombre de publications et leurs lieux et la date et le lieu du mariage, s'il a bien été célébré.
Ci-dessous, l'acte de mariage.
Il a été célébré le 21 juin 1887 à Zaleszany en présence des témoins Józef Zając et Roman Drozd (peut-être le frère du beau-frère d'Adam).
⚛ Une fois marié, le couple s'installe à Kępie Zaleszańskie où nait leur premier enfant, Ewa, le 2 novembre 1888. Jour de son décès.
Le premier acte indique le jour de la naissance et du baptême, le numéro de la maison de naissance, le prénom, l'identité des parents (toujours avec la filiation de la mère, une femme n'est rien sans mari et son père) et la case vide aurait dû être réservée aux parrain et marraine, inutiles dans le cas présent.
Le second acte nous apprend la date du décès et de la sépulture, l'adresse de la défunte, son identité, sa religion, son sexe, son âge (trois heures...) et la cause du décès.

⚛ En 1890 naît un deuxième enfant, Michał. Malheureusement,il décède à l'âge de deux ans (un an trois quarts).
Michał est né dans la maison n°110, comme sa sœur avant lui, le 25 juillet 1890 et a été baptisé le lendemain. Ses parrain et marraine étaient Jan Kieliszek et Marianna, épouse de Tomasz Szewczyk (je cherche encore qui ils sont).
Son décès a été reporté dans deux registres distincts qui apportent des informations différentes. En effet, si toutes les informations sont similaires, des dates jusqu'à l'âge, c'est la cause du décès qui diffère : affaiblissement (debilitas) pour l'un et tuberculose pour l'autre.

⚛ Ensuite vient le tour de Józefa, dont je vous ai déjà parlé ici.

⚛ Puis Jan, mon bisaïeul (arrière-grand-père), né le 23 octobre 1895, toujours maison 110 à Kępie Zaleszańskie, dont je parlerai plus longuement plus tard.
⚛ Michalina, la seule des enfants étant restant vivre au pays, née le 23 mai 1898, baptisée le 25, elle a vécu en bonne catholique toute sa vie au service du curé de la paroisse.
Son parrain était Jan Cebula et sa marraine, Antonina Chmielowiec, épouse de Stanisław Nieradka, sa tante.


Michalina est décédée à l'âge de 85 ans le 7 décembre 1985 et a été inhumée le 10 décembre dans le cimetière de Zaleszany.

⚛ Sixième enfant de la fratrie : Anna.
Née le 17 et baptisée le 21 avril 1901. Elle a pour parrain Jakub Nabrzyski (parenté à établir) pour marraine sa grand-tante Katarzyna Mączka, épouse de Jan Kieliszek.
Anna s'installe officiellement en France le 1er août 1926 (son dossier de naturalisation indique aussi 1917 comme date d'installation sur le sol français, mais elle serait âgée de 16 ans, ce qui me semble peu probable) et épouse un soldat russe, Simon Kalinine, le 4 juin 1927 à Lorcy, dans le Loiret. Ils ont eu trois enfants, Eugène, Marie et Stanislawa et ont été naturalisé français par décret publié au JORF le 9 décembre 1934.
Veuve depuis déjà 10 ans, tata Simon (son petit nom dans la famille) s'est éteinte le 8 juin 1992 dans sa maison à Dreux, en Eure-et-Loir.




Franciszek vient au monde le 26 mai 1904 est baptisé le 29. Il a pour parrain Stanisław Nieradka, son oncle et pour marraine Antonina, épouse de Józef Czernecki (à priori pas de lien de parenté).




Comme ses frères et sœurs, François quitte la Pologne et s'installe dans le Pas-de-Calais pendant un temps. Il épouse à Marles-lès-Mines une polonaise venue d'un village voisin du sien, Zbydniów, le 13 février 1929, et part ensuite rejoindre son frère Jean et sa sœur Anna dans le Loiret, où naîtront ses neuf enfants : Mélanie, Stanislas, Christophe, Richard, Hélène,  Adam, Christian, Lucien et Jeanne.
François décède à Lorcy le 19 avril  1980.


⚛ Enfin, un dernier enfant voit le jour en 1908, Michał. Je n'ai trouvé aucun acte attestant de sa naissance et de son baptême. J'ai appris son existence par son acte de sépulture. Il est alors âgé d'un an.
Mon trisaïeul, Adam Chmielowiec, décède 9 ans plus tard, le 25 septembre 1918, des suites d'un katar żołądkowy, à savoir une gastrite.
Marianna décède, elle, en 1924, le 15 février.
Très bon exercice que la rédaction de cet article : cela me permet de mettre de l'ordre dans mes idées mais aussi de trouver les informations manquantes. En effet, il me manquait notamment les dates de décès d'Adam & Marianna. Ce qui me fait me rendre compte qu'ils sont décédés assez jeunes. Peut-être une des raison pour lesquelles il n'y a pas de photos d'eux.

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