samedi 10 décembre 2016

Une famille de Sauvage

Le tout premier billet de ce blog parlait de mon ancêtre hongrois Michel Sabadoche [Szabados]. Sa fille Françoise a épousé Pierre Guislain Sauvage à Paris et ils ont eu quatre enfants dont Eugène, le petit dernier, né en 1866 dans le 14e arrondissement de Paris, mon arrière-arrière grand-père.


Commençons par le mariage de Françoise et Pierre Guislain. Il faut se tourner vers l'état-civil reconstituer de la ville de Paris pour trouver des infos.
Pour rappel historique, l'intégralité de l'état-civil et des registres paroissiaux de Paris a été détruit dans un incendie en mai 1871. Une partie a pu être reconstituée grâce à la participation des citoyens, mais seuls huit millions d'actes ont pu être reconstitués.
Ici, aucun acte numérisé, mais une simple fiche qui indique que l'acte a bien été reconstitué.
Après, c'est sur microfilm que ça se passe, aux Archives Départementales de Paris, pour trouver l'acte lui-même.



Il est indiqué que la pièce justificative est l'acte de mariage religieux.
Ce dernier a été célébré en la paroisse Saint Lambert de Vaugirard.





Pierre Guislain et Françoise ont donc eu quatre1 enfants : Marie Philippe « Hélène » Françoise (1851-1903), Eugénie Émélie (1852-1869), Jules (1864-?) et Eugène (1866-1914?).

Aujourd'hui, je me concentre sur Eugène. Et Anastasie.
Il manque quelques actes de naissances à chercher dans l'état civil reconstituer lors de ma prochaine visite aux AD, mais j'ai les actes de baptêmes correspondants

 

Voilà pour Eugène.
 

     Pour ce qui est d'Anastasie, je commence là aussi avec le mariage de ses parents, Amédée Honoré et Anastasie Labbée, célébré le 26 décembre 1878 à Arcis-le-Ponsart, dans la Marne. Pour l'anecdote, Anastasie Labbée a 16 ans lors de son mariage, et 17 à la naissance de son premier enfant, Anastasie Louis).

Il n'est pas vraiment utile de faire une frise pour deux dates : après la naissance d'Anastasie, la famille n'est plus dans les registres d'Arcis-le-Ponsart ni de Baslieux-lès-Fimes (ville d'origine d'Amédée Louis).
2E14/10 _ AD51 (Marne)


2E14/10 _ AD51 (Marne)

On retrouve Anastasie pour son mariage en 1903.
Mais, selon la frise, elle a déjà donné naissance à trois enfants entre 1898 et 1902, alors... que paso ?
Comme on peut le voir sur les actes, c'est sous le nom de Georgette Louis, 20 ans, qu'elle leur donne naissance. De père non dénommé, évidemment. Il faudra attendre son mariage, et la légitimation des trois bambins, pour remédier à cela.
C'est aussi avec son mariage que l'on retrouve son père, demeurant à Magneux dans la Marne. Malheureusement, je ne le trouve pas dans les recensements de population de 1901 et de 1906. Quant à sa mère, elle est « absente » depuis treize ans...

     Et comme si la vie n'était pas assez compliquée, mon arrière² grand-mémé, Anastasie Louis, taquinait la bouteille. C'est en tout cas ce qui se dit dans la famille et ce serait la raison pour laquelle la famille se serait retrouvée éclatée.
     C'est une histoire que m'a racontée ma grand-tante, fille cadette de Gaston Sauvage. Le petit Gaston, ainé de la fratrie, âgé d'environ 11 ans, se promenait avec ses petites sœurs dans les rues de Ménilmontant, le petit dernier, Pierre, dans une poussette. Et voilà que Gaston lâche, par accident, la poussette en haut d'escaliers du quartier. Précipitation des enfants pour récupérer Pierre et le nettoyer, car blessé, dans une fontaine. Et c'est là que passe une personne de l'assistance publique, alertée par la situation qui demande ce qui se passe et où sont les parents : papa au travail, maman à la maison, pas en état. Et c'est à priori à partir de là que tout s'est enchaîné : visite le jour même au domicile des parents et le jour suivant les enfants se retrouvent placés.
Tout ceci s'est déroulé en juillet 1909.
Les enfants ont été "déposés", chacun avec un numéro de dossier/immatriculation : Gaston (5220/184845), Eugénie (5221/184844), Denise (5222/184843), Simone (5223/184842) et Pierre (5224/184841).

J'attends de pouvoir consulter ces dossiers pour en savoir plus sur la vie de mon AGP et ses frères et sœurs à partir de ce moment fatidique.
Ce que je sais pour l'instant c'est qu'à un moment donné, ils habitent tous en Bourgogne, où ils vont fonder leurs familles.

Une petite recherche dans quelques recensements m'indique qu'en 1911, Gaston et Denise étaient confiés à la famille Lehoux, à Collonchèvres, hameau de Saulieu, en Côte-d'Or. Eugénie est, elle, confiée à la famille Brossard de Bois Morin, hameau de Champeau-en-Morvan et Pierre, à la famille Colas, à Moulin-Morin, même commune, la famille de mon arrière grand-mère. Gaston a certainement rencontré sa future épouse en rendant visite à son frère, ou l'inverse.
Quant à Simone, je ne sais pas où elle est placée.



Ces événements chaotiques expliquent pourquoi il n'y a pas de photos de mes arrière-arrière grands-parents. Et pourquoi nous n'avons, du côté des enfants d'Eugène et Anastasie, jamais connu la famille.
Les seules photos que je vais avoir sont de Gaston Sauvage, le père de ma grand-mère.

Le 19 mars 1911, le Tribunal de Grande Instance des Hauts-de-Seine prononce le divorce d'Eugène et Anastasie.
Là, je perds la trace de ma trisaïeule : s'est-elle remariée, a-t-elle eu d'autres enfants ? Quand est-elle décédée ? Il faut que je cherche encore.

Quant à Eugène, il s'est remarié le 12 octobre 1912 avec Marie Prospérine Dehennin et est décédé en juin 1914 dans le 4e arrondissement de Paris.

☞ mise à jour du 10 décembre 2016 : je viens de publier cet article, mais il y a déjà du nouveau. En effet, une visite matinale aux archives de Paris et la consultation des registres d'immatriculation des enfants assistés de la Seine me donne quelques renseignements complémentaires : la cause de l'abandon de mon AGP et de ses frères et sœurs intitulée « indigence du père & mère disparue ».
Autre renseignement : les localités d'envoi et les dates auxquelles ils y ont été envoyés. Les cinq enfants ont pris la direction de Saulieu entre le 22 juillet et le 18 septembre 1909. Ce qui m'ouvre une nouvelle piste de recherche pour localiser Simone.
Dans un deuxième temps, j'ai pu consulter ce matin les dossiers individuels, et là, c'est le Graale ! Le dossier regroupe la fratrie en entier avec les demandes de placement, d'abord temporaire, puis permanentes. En effet, on apprend qu'Eugène avait l'intention de récupérer ces enfants après un temps donné. La cause de l'abandon se fait plus précise. Eugène est abandonné par sa femme pour la deuxième fois. Elle est parti en laissant les enfants, dont Pierre qui n'a que quelques mois, à la charge de leur père qui a peu de revenus et pas le temps de s'en occuper. Résolu à demander le divorce, il fait néanmoins une demande de placement des deux derniers (Simone et Pierre) qui sera étendue à l'ensemble de ses enfants, ne parvenant toujours pas à joindre les deux bouts, et n'ayant personne de sa famille en mesure de prendre soin des petits.
Un document très intéressant dans le dossier est la feuille de « Compte du pupille » qui récapitule l'ensemble des foyers d'accueil, les dates d'entrée et de sorties des foyers, les sommes versées, les revenus du pupille, etc.
Je m'attendais à trouver davantage dans ce dossier, notamment une demande d'Eugène, écrite de sa main, ou même des photos, mais rien de tout cela.
Ce dossier reste une vraie pépite d'or ! C'est une chance de pouvoir le consulter aux archives départementales situées Porte de Lilas dans le 19ème arrondissement.

Note n°1 (dimanche 11/12/2016) : c'est en faisant la frise que j'ai remarque un fossé de douze ans entre les naissances d'Émélie et de Jules. Je me suis dit qu'il manquait certainement des données et j'ai profité de ma visite aux AD de Paris du 10/12/2016 pour me replonger dans l'état-civil reconstitué. J'ai listé toutes les naissances de Sauvage entre les deux enfants connus et noté les correspondances avec les bobines de microfilm à consulter : 70 au total. Après cinq bobines, jackpot ! Naissance de Léontine Caroline en 1854. Les prochaines bobines feront l'objet d'une prochaine visite et les futures trouvailles seront intégrées à la frise au fur et à mesure.
 
☞ mise à jour du 23 novembre 2020 : Enfin ! J'ai trouvé la date et le lieu de décès d'Anastasie Louis. Elle n'était pas bien loin. En effet, elle est décédée à Paris, dans le 20ème arrondissement, le 6 juin 1926, en son domicile 87 rue des Orteaux. Prochaine étape : consulter la table de succession et absence.
Note pour le futur : nous sommes en novembre 2020. La France est confinée en raison de la crise sanitaire due à la pandémie mondiale de Covid 19. Les services d'archives sont donc fermés au public.

3 commentaires:

Unknown a dit…

Un de mes ancetres directs est ne a Paris vers 1840. J'ai retrouve sa fiche qui correspond a la date sur son acte de mariage dans la Meuse. J'habite aux USA et ne peut donc pas venir aux archives. Savez-vous si on peut faire une demande par correspondance aux Archives de Paris? Je n'ai rien trouve dans ce sens sur leur site. Beau travail de recherche. Annick H.

macbourdon a dit…

Bonjour Annick, oui, je pense que vous pouvez faire une demande de recherches aux AD de Paris, à plus forte raison que vous n'habitez vraiment pas à côté. Ils ont une adresse de contact, celle pour les demandes de reservations de documents. Si cela ne donne rien, je me ferai un plaisir de vous aider : je dois y retourner début janvier. Merci pour votre commentaire. Bonne journée, Vincent

Unknown a dit…

C'est tres gentil a vous de proposer votre aide. Mes recherches sont un peu en souffrance en ce moment, mais j'essayerai de denicher cette adresse et de faire une demande dans la nouvelle annee. Merci beaucoup. J'ai ajoute votre blogue a mon flux Feedly. Annick H.

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